Bolivie: Sucre et Salar d’Uyuni

Bolivie: Sucre et Salar d’Uyuni

 

Après La paz nous prenons un vol pour Sucre afin de réduire un peu les temps de trajet. Je me demande toujours quel moyen de transport je préfère en Bolivie finalement, et aussi incroyable que cela puisse paraître, l’avion aura été celui dans lequel je me suis sentie le plus en sécurité, mais soyons clairs, ce n’est pas celui ou j’ai le moins stressé ! A Sucre nous avons loué logement via Airbnb. Le logement se trouve à cent mètres à peine du parc Bolivar, pour le plus grand plaisir des enfants. On avait un peu choisi la maison en conséquence il faut l’avouer. Le parc Bolivar c’est une très grande aire de jeu, ouverte et gratuite, sur le thème des dinosaures. Alors il y a des toboggans tricératops, des balançoires ptéranodon, avec une attraction phare : le toboggan Titanosaure. On peut glisser sur le cou ou sur la queue du mastodonte, et le toboggan doit faire environ vingt mètres de long. Le pied pour les enfants ! Et comme c’était à côté de chez nous, nous en avons profité de nombreuses fois. Pour rester dans le thème, nous irons également visiter le Parque Cretacico. C’est à cet endroit qu’ont été découvertes en 1994 près de 5000 empreintes de 8 espèces de dinosaures différents, fossilisées sur une paroi d’argile presque verticale. C’est la plus grosse collection d’empreintes de dinosaures au monde ! Les enfants étant trop petits nous n’avons pas pu nous approcher de la paroi, mais on arrivera tout de même à bien distinguer les empreintes depuis le mirador où nous étions. Le musée possède aussi de belles répliques de dinosaures, grandeur nature, ce qui passionnera les enfants.

 

 

Nous nous baladerons un peu dans la centre également, mais nous ne verrons rien de plus marquant que ce que nous avions déjà vu dans les autres villes déjà visitées. Fin de notre visite à sucre. Ce fut rapide, certes, mais nous n’y sommes restés que trois jours. Cela nous fera d’ailleurs remarqué que cette durée de séjour était un peu courte et qu’il serait bien d’allonger les étapes. Nous nous dirigeons donc, en bus, vers Uyuni pour découvrir et contempler le célèbre salar, plus grand désert de sel au monde. Alors clairement, Uyuni est une ville sans grand intérêt touristique. C’est simplement une ville étape, avec ses innombrables agences qui vous harcèlent pour prendre un tour avec eux. Bref, pour notre part nous y passerons une nuit, et logerons dans une très spacieuse chambre de neuf mètres carrés, avec deux lits superposés, hors de prix qui plus est ! Autant dire que pour le coup nous étions content de n’y passer qu’une nuit.

Le lendemain rendez-vous à dix heures pour le départ vers le salar. On est super impatient, et en même temps on ne sait pas trop à quoi s’attendre pour ces trois prochains jours. Alors, comme on ne voulait pas se louper et tomber avec une agence pourrie, on a fait quelques recherches sur tripadvisor, et nous avons choisi le tour avec « Quechua connexion » qui avait des très bons commentaires. Et bien, force est de constater que la prestation fut à la hauteur de la réputation. Nous étions donc un groupe de dix personnes répartis en deux voitures, de type gros 4×4, avec huit places. Pour notre part nous serons avec une australienne, le guide et le chauffeur, tandis que dans l’autre voiture se trouvait deux italiens et trois français.

Nous partons dans un premier temps aux abords d’Uyuni où se trouve le cimetière de trains.

Nous y faisons quelques photos mais le lieu est vraiment très touristique. En fait, toutes les agences partent à peu près en même temps, donc tous les touristes se retrouvent à cet endroit. Sur le reste du trajet nous serons tout autant de touristes, mais le salar étant tellement vaste, on se croira parfois seuls. On finit donc la séance photo sur les trains, et partons enfin vers le salar. Les choses sérieuses commencent ! A peine les premières centaines de mètres parcourues, le blanc est saisissant, et nous en prenons plein les yeux au sens propre comme au figuré, car la réverbération est aveuglante étant donné que nous avons un ciel bleu totalement dégagé et donc un soleil qui illumine l’horizon. Lunettes de soleil obligatoires ! Nous avons hâte de nous arrêter et de fouler cet incroyable désert. Ce moment arrivera assez rapidement. Nous nous arrêtons au milieu de nulle part, et le guide nous lâche pour une ballade d’une vingtaine de minutes en vélo. C’était assez sympa, quoique un peu compliqué pour Pierre qui avait Arthur assis à cheval sur le cadre de son vélo, car celui qui avait été prévu pour lui était malheureusement trop grand. Suite à cette promenade à bicyclette, qui se déroula sans Paulette, mais avec entrain, nous rejoignons les voitures pour un repas partagé en plein milieu de ce gigantesque espace immaculé de blanc. Alors, ils ne font pas les choses à moitié pour les repas, en l’occurrence, les deux 4×4 se mettent l’un à côté de l’autre laissant un espace de troi ou quatre mètres, ils tirent une toile faisant office de toit pour que nous ne soyons pas agressé par le soleil, les chauffeurs dressent la table, et quelle table, différents types de viande, des salades,des boissons, des desserts, la totale ! Le repas est vraiment de qualité et durant ces trois jours nous mangerons d’ailleurs comme jamais encore en Bolivie. Car il faut l’avouer la gastronomie n’est pas la spécialité de ce pays…Nous prenons ensuite un moment pour nous prêter au jeu des fameuses photos avec/sans perspectives. Notre guide est carrément doué pour les prendre, l’habitude me direz-vous. Nous, un peu moins… Les enfants en auront vite marre et préféreront escalader les petits monticules de sel qui parsèment l’endroit, qui sont à la base des amas prévus pour le séchage du sel, et non des toboggans… En y repensant, c’est vraiment difficile de décrire ces trois jours dans le salar et le Sud Lipez tellement c’est beau. Malgré la fatigue accumulée durant le séjour, impossible de fermer l’œil en voiture tellement le spectacle est beau. Et malgré les nombreux kilomètres parcourus, et les nombreux arrêts qui jalonnent le parcours, le spectacle est différent à chaque instant. Les paysages qui défilent sont saisissant et on est dans le contemplatif. Plusieurs fois, personne ne parlait dans la voiture et tout le monde observait avec émerveillement. Ces moments laissent place à la rêverie, l’esprit s’évade. Pour ma part, j’ai pensé à pas mal de mes amis et à ceux que j’aime. Je me demandais et m’imaginais ce qu’ils faisaient en même temps que moi, à des milliers de kilomètres, et comment j’aimerai partager tout ça avec eux ou leur raconter ce beau voyage autour d’une bière…

Après le blanc du salar, son Ile de corail recouverte de cactus géants, et son splendide couché de soleil nous nous reposons dans un hôtel où nous avons une chambre privative, une douche et où il fait plutôt chaud. Un luxe car on est prévenu la prochaine nuit ne sera pas si confortable! On dort plutôt bien même si Arthur a fait sa première fièvre depuis le début du tour du monde. On est un peu inquiet, car à quatre mille mètres on ne sait pas si c’est bénin ou si c’est le mal de l’altitude. Le lendemain, après avoir interrogé le guide sur l’état de santé d’Arthur, et avoir vérifier son taux d’oxygène nous sommes rassurés car les constantes sont impeccables. Nous avons testé nous aussi pour voir, et notre taux d’oxygène s’avéra plus que parfait pour nous quatre. Il sera même meilleur que celui de notre guide bolivien qui, à sa décharge, était redescendu une semaine à deux mille mètres la semaine précédente! Bref, tout ça veut dire que l’acclimatation progressive que nous avons réalisée a bien porté ses fruits.

Ces cactus poussent d’un centimètre par an. Certains font plus de cinq mètres…

On repart pour le Sud lipez. La fièvre d’Arthur passera dans la journée sans aucun autre symptôme par la suite.

S’enchaîneront ensuite des paysages mélangeant des plaines désertiques recouvertes de sable, des coulées de laves solidifiées donnant l’impression d’un paysages martien, des lagunes tantôt bleu turquoise, tantôt rouges, tantôt vertes, avec des centaines, voire milliers de flamands roses, le tout niché aux pieds de somptueux volcans mélangeant eux aussi de multiples couleurs, mais aussi des geysers, témoins de la géothermie ambiante, et tellement d’autres choses à voir, qu’on se demande comment on va réussir à garder tout ça en mémoire. Pierre et moi sommes d’accord sur le fait que c’est ce qu’on a vu de plus beau depuis notre départ. Il y a même un désert qui est appelé le désert Dali, car il ressemble à une toile de l’artiste (même si c’est un pur hasard et que Dali n’y a jamais mis les pieds). Les roches que l’on observe alors, semblent assez proches de nous et assez petites. Mais dans un désert on ne se rend pas compte des distances, car ces rochers sont en réalité très loin de nous et mesurent pour la plupart une vingtaine de mètres. Mais Dali ou non, tous ces paysages que nous avons pu observer sont des œuvres d’art de la nature. Et même si nos clichés sont respectables, encore une fois, aucun ne saura retranscrire la beauté majestueuse des lieux. C’est pourquoi nous avons fait le nécessaire pour graver ces moments dans nos cœurs et nos esprits!

Nos camarades d’excursion seront hyper sympas et adorables avec les enfants, tout comme notre guide qui leur offrira de nombreuses sucettes. Pour la petite anecdote et afin de confirmer encore une fois l’adage « le monde est petit », il faut savoir que Joël, un des trois français, habitait issy les moulineaux. Mais ce qui est encore plus fort, c’est qu’il habitait dans la même rue que nous, à cent mètres ! Je ne crois pas l’avoir croisé une seule fois, et il aura fallu une excursion au fin fond de la Bolivie pour que l’on se rencontre ! Les espiègleries du hasard…

La seconde nuit dans le salar sera un peu plus rude. Des dortoirs, pas de douche, pas d’électricité, enfin pas d’électricité jusqu’à ce qu’il fasse nuit et qu’ils branchent un mini groupe électrogène pour faire marcher trois ampoules dans le gîte. Des matelas sur des sommiers en pierre, des cailloux en guise de plancher, une température avoisinant le zéro degré car nous sommes à quatre mille cinq cent mètres. Bref, le grand luxe quoi ! Mais rassurez-vous, on était prévenus et parés ! On dormira tout habillés + duvets + 3 couvertures + bonnet ! Finalement on aura chaud et on dormira plutôt bien ! En revanche nous n’aurons pas eu le courage de tester le bain thermal un peu plus bas, la température extérieure étant très dissuasive.

Le lendemain c’est le départ vers le lagon vert, encore une fois au pied d’un magnifique volcan : le Licancabur. Juste derrière celui-ci se trouve le Chili, notre prochaine destination. Le temps de dire au revoir à nos camarades et nous voilà sur la route d’un nouveau pays qui semblerait-il cache de nombreux trésors.

Nous avons hâte de voir ça ! Mais il va falloir être à la hauteur, car la Bolivie a mis la barre très haut !

 

Les roux libres

 

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