Côte d’ivoire

Côte d’ivoire

Previously on « Tour du monde en roux libres ».

Johannesburg. Aéroport A.R. Tambo. Le vol pour Abidjan est prévu pour 1h00 du matin. Il est 17h00 et nous sommes déjà à l’aéroport car nous devions rendre notre voiture de location…Ca va être long…Nous réussirons à occuper les enfants jusqu’au départ, malheureusement ils ne dormiront pas avant le décollage…Et à vrai dire, ils ne dormiront pas non plus dans l’avion…

Nous arrivons donc à Abidjan dans un mélange de fatigue, de faim et de chaleur, mais contents d’être arrivés.

Youssef, un ami qui vit ici depuis sept ans et qui a complètement géré notre séjour, est là pour nous accueillir. Le trajet en voiture pour aller de l’aéroport jusqu’à chez lui est déjà un spectacle en soit, et on se rend vite compte que l’Afrique du sud ça n’était pas l’Afrique ! En Côte d’ivoire tout sort de l’ordinaire. Les gens qui marchent sur le bord de la route, qui traversent les autoroutes n’importe quand et n’importe où, tranquille, sans complexe. Les véhicules qui doublent à droite ou à gauche, ceux que l’on croise à contresens sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, que ce soit des voitures ou des trente-trois tonnes, et puis il y a les taxis…

Alors les taxis, ils méritent un paragraphe à eux seuls. Ils roulent n’importent comment, déboitent de la file de gauche à celle de droite, sur l’autoroute, pour s’arrêter prendre un septième passager. Bref, des dangers publics. Ce qui les rend sympathiques, c’est que la plupart d’entre eux aiment à peindre sur leur pare-choc une citation, un nom ou une devise. On peut souvent lire « Dieu merci », mais aussi « Molo, molo » ou « le retard n’empêche pas le bonheur ». Mais ce qui fait sourire c’est quand tu vois que le gars a commencé à écrire et qu’il se rend compte à la fin qu’il n’y a plus de place, alors les lettres sont plus petites. Comme quand on apprend à écrire. Parce que, oui, c’est du fait maison, ce n’est pas fait chez un spécialiste du tunning ! Et encore moins un spécialiste de l’orthographe, car des fois il y a fes fautes…On pourrait envoyer les photos sur la page facebook de « Bescherelle ta mère » tellement c’est gros !

      Pour conduire en Côte d’ivoire il faut avoir la foie 😉

 

Ce qui dénote également c’est le joyeux bordel qui règne sur le bord des routes. Il y a à boire, à manger, de quoi s’habiller ou réparer sa voiture. Et puis c’est haut en couleur, et magnifique qui plus est, avec tous ces pagnes aux motifs colorés qu’hommes et femmes portent avec classe. Les « porteuses de tête » avec celles qui ramènent des affaires chez elles, et les autres qui vendent des choses à manger. Il faut voir quelle quantité elles peuvent porter, c’est hallucinant.

Alors voilà, on y est, c’est entre autres pour ce genre de dépaysement qu’on a décidé de faire notre voyage, et là on est bien servis ! Enfin, dépaysement oui, mais pas tout à fait. L’influence de la France est bien présente. Je dirai même que pour nous français ça permet de garder quelques repères. Par exemple, tous les panneaux de signalisation sur la route sont les mêmes qu’en France, la numérotation des plaques minéralogiques, les numéros de téléphones et puis tout simplement les gens qui parlent français.

Youssef nous accueille donc chez lui, comme des rois, et nous emmène direct manger dans un maquis en bord de plage. Un maquis c’est un genre de restaurant mais plutôt bon marché. On en trouve partout, mais là il nous emmène en bord de plage histoire de nous mettre bien. Au menu, un succulent poulet braisé, des bananes plantains, des frites d’igname et de l’attiéké, c’est du manioc rapé. Le repas est un régal ! Arthur improvisera même une petite partie de foot avec des enfants rencontrés sur la plage, sur le mode :

  • « Salut, tu t’appelles comment » ?
  • « Arthur »
  • « Ok, viens jouer avec nous » !

Tout est simple pour les enfants.

 

Nous continuerons à manger divinement bien durant tout le séjour, entre spécialités ivoiriennes et libanaises. Au final, j’aurais pris deux kilos. Les enfants aussi se sont régalés, Margaux n’a jamais autant mangé et Arthur a dit que Catherine, l’employée de maison de Youss, était la meilleure cuisinière du monde, au grand désespoir de Pierre…

Notre première sortie est une journée à Yamoussoukro pour voir la basilique la plus haute du monde. Oui, vous avez bien lu, la plus haute du monde ! Plus haute que la basilique Saint Pierre de Rome ! Il faut dire qu’elle est vraiment belle avec ces majestueux vitraux qui ornent tout l’édifice. Nous avons le droit à une visite guidée, ce qui nous sera bien utile, et Arthur posera beaucoup de questions. Nous retenons deux anecdotes de cette visite. La première est que cette majestueuse basilique a été construite en trois ans seulement. Franchement, on se demande encore comment cela a pu être possible, vu la quantité de marbre utilisée et les défis techniques liés à l’acoustique et la climatisation que cette construction a impliquée. La seconde, est que lorsque le Pape Jean-paul II a béni la première pierre quelques années avant le début des travaux, il a fait promettre à Felix Houphouet-Boigny, omni-président de l’époque, père de la nation (oui il était un peu mégalo) et personnage à l’origine de ce projet pharaonique, que la basilique ne devrait pas être plus grande que St Pierre de Rome. La promesse fut respectée, elle est plus petite…mais elle est plus haute ! Et une autre preuve, s’il en faut, de cette légère mégalomanie, le président a demandé à ce que les différents maîtres d’œuvres soient représentés sur un des vitraux, lui y compris. C’est une initiative louable me direz-vous. Mais devinez qui se tient juste en dessous Jesus, deuxième figure la plus importante du vitrail ? Je vous laisse deviner…

Quoi qu’il en soit, ce fut très beau et très instructif.

 

Suite à cette visite nous irons un peu plus loin dans la ville, pour voir un lac artificiel, dans lequel se prélassent des dizaines de crocodiles. Il y a une petite berge et des barrières, mais rien d’exceptionnel pour protéger les passants. A peine arrivés, il y a cinq ou six crocos qui sont rapidement venus vers nous. On se demande encore si c’était par curiosité ou par appétit…

En parlant d’appétit nous finirons encore une fois dans un maquis pour déguster un poulet braisé. Simple, efficace, pas cher, et délicieux !

Les jours suivants, nous avions prévu d’aller à San pedro, sur la côte ouest. La route étant longue et mauvaise, Youss nous avait conseillé d’y aller en avion. Nous avions donc réservé les billets d’avion, mais malheureusement l’aéroport a été fermé pour deux semaines, à partir du jour où nous devions nous y rendre. Nous décidons donc de rester à Abidjan, avec comme programme, piscine et repos. Arthur et Margaux en ont profité pour faire des progrès en nage, chacun dans leur domaine : Arthur, nager la tête hors de l’eau, Margaux nager avec brassards.

Nous profiterons également de ces quelques jours, pour nous rendre au marché d’Adjamé, le but étant d’acheter des pagnes. Quelle aventure encore une fois, et quel dommage que nous n’ayons pas pu prendre de photos ou filmer. En effet, Youssef, nous avait déconseillé d’apporter quoi que ce soit, portable ou appareil photo, car l’endroit est bondé et pas toujours bien fréquenté. Mais bon, afin que nous n’ayons pas d’ennuis il nous a fait escorter. Nous avions donc Catherine avec nous, qui nous a permis de bien négocier et surtout de ne pas avoir un tarif « touriste » dès le premier prix, et Cissé, un employé de l’entreprise de Youssef, qui nous a servi de chauffeur et qui nous suivait  quelques mètres derrière nous, si jamais il y avait un problème. Il n’aura pas eu besoin d’intervenir. Parce que, oui, encore une fois, on était repéré de loin avec nos têtes de blancs becs !

Alors, imaginez. Vous êtes en voiture, vous roulez au pas et vous êtes à deux doigts d’écraser un piéton tous les cinq mètres tellement c’est dense. Vous vous garez tant bien que mal, et vous commencez à arpenter le marché.  Une foule pas possible, genre fêtes de Bayonne, un véritable capharnaüm géant, dans la rue comme dans les bâtiments jouxtant cette même rue. Des étals de partout, bien disposés ou à même le sol. Des couleurs dans tous les sens, des tissus magnifiques, un bruit assourdissant. Mais plus que tout, une odeur pestilentielle. En effet, un « trottoir » central n’est en fait composé que d’ordures. C’est noir, juteux à souhait, et ça embaume l’atmosphère à deux kilomètres. Un tout à l’égout, sans égout, avec une température de trente degrés par temps frais… Les puces de Clignancourt c’est du pipi de chat à côté.

Au final nous ne passerons pas que deux heures là-bas, car les enfants étaient fatigués et voulaient rentrer, mais nous aurions pu y rester plus longtemps, on s’y sentait étonnement bien Pierre et moi, et ce, indépendamment de notre escorte. Et nous avons achetés de très beaux tissus, à des prix défiant toute concurrence.

Nous profiterons également de la présence de Catherine à la maison, pour nous évader quelques heures, et faire une sortie VTT. On avait un peu d’appréhension de laisser les loulous, mais ce n’est pas deux marmots, quel que soit leurs caractères, qui allaient tenir tête à une mama ivoirienne. Nous ferons donc 30km de vélo dans la brousse, en passant dans les cocoteraies, c’était magnifique, un pur bonheur. Puis le soir nous irons boire un verre dans un bar reggae très sympa d’Abidjan. Les garçons feront également un petit tour chez le coiffeur et le barbier pour un petit rafraichissement nécessaire ! Pour terminer notre séjour, nous sommes allés à Assinie pour profiter de la plage et de la piscine d’un superbe lodge. C’est une autre facette de la Côte d’ivoire, pas la plus dépaysante, mais nous aurons passé une journée très sympa et reposante et surtout les enfants se sont éclatés.

Bilan de la côte d’ivoire :

On ne regrette absolument pas ! Au début de notre projet du tour du monde on ne voulait pas faire l’Afrique, mais petit à petit nous avons eu de plus en plus envie de découvrir ce continent, jusqu’à ce qu’on l’inclue dans notre trajet. Grâce à ce pays, nous avons maintenant envie d’en connaître plus sur ce continent.

Nous n’avons pas pu filmer tout ce qu’on a vu. Nous ne pouvons pas raconter tout ce qu’on a vécu, mais ce pays restera à coup sûr une étape marquante de notre voyage, un vrai dépaysement, exactement ce qu’on cherchait pour bousculer nos habitudes et en découvrir un peu plus sur le monde.

Ce qu’on a moins aimé : pas grand-chose du coup ! les nids de poule en voiture, le mal de cul après le vélo, et le fait de ne pas pouvoir y rester plus longtemps.

Evidemment, cette semaine idyllique ne l’aurait pas été sans la gentillesse et la générosité de Youssef. Durant notre séjour il nous aura logé, nourri, blanchis, désaltérés, beaucoup désaltérés, et servi de guide, et de coach sportif… Il nous aura fourni chauffeur, garde du corps, baby sitter, cuisinière… il aura dormi sur le canapé, se faisant réveiller (parfois surprendre :D) chaque matin par nos deux monstres en folie.

Bref, Youss, tu auras fait de notre semaine à Abidjan un doux havre de paix et nous t’en remercions du fond du cœur !

Prochaine étape : New York. Choc des cultures assuré !

Et pour faire un peu de teasing, nous vous raconterons dans le prochain post comment faire trente-cinq heures de voyage avec la tourista…Des détails croustillants en perspective…Ou alors, non. Pas très croustillants du coup… 😉

 

18 réactions au sujet de « Côte d’ivoire »

  1. J’adore vous lire, surtout ce matin je m’évade un peu dans mon rer, jour de reprise arghhh après 3 Sem de vacances top, gloups. Et surtout hâte de lire l’épisode tourista mouuaaaaa . A très vite bisous les loulous

  2. Wouh j’adore cet article! Bon j’aimais aussi les autres mais la vous me renvoyez au Bénin il y a 10 ans!!! Je comprends tellement quand vous dites qu’il y a des choses qu’on ne sait comment raconter. Car il y a cette atmosphère, ce sentiment de détente, de légèreté, bref indescriptible!
    Jattends le prochain épisode avec impatience, même avec l’épisode pas croustillant
    Et Pierre ne pleure pas, tu prendra des cours de cuisine africaine à ton retour et tu remonteras les échelons de la cuisine dans les papilles d’Arthur

    1. C’est exactement ça tata pouliche! Indescriptible. Surtout quand on découvre ce continent pour la première fois. On ne regrette pas d’y être allé!

  3. Comme d’hab super article qui donne envie
    Vous allez pouvoir en faire un livre de votre TDM .
    On dit merci à Mr Julien de t’avoir transmis son goût pour les lectures à suspens …

  4. génial !

    L’Afrique j’aimerai bien y aller un jour, quand hugo sera ok car il a peur des rapts’ et ce genre de trucs.
    pas emmerdés avec le paludisme du coup ?

    Plus je vous lis, plus j’ai envie de faire un TDM bande d’enfoirés 😉

    bisous les copains

    1. On a prit des cachets contre le palu mais pas sur que c’était nécessaire (très peu de moustiques).
      Allez y! Bisous

  5. Ho my god !!!!
    C’est le plus beau des articles depuis le début de votre tdm et surtout la plus belle vidéo !!!
    Athur qui se fait des copains de foot, le dodo a l’arrière de la voiture, des paysages à couper le souffle… et vos sourires…. wahou vraiment gros wahou quoi 😀
    Vous nous manquez de plus en plus on vous embrasse très très fort <3

  6. Tu vois il y a bcp de belles choses a voir en Afrique…c’est magique ! Magnifique recit on reste connecté

    1. Oui c’est génial! Aucun regret d’y être allé, mais quelques regrets de ne pas y être restés plus longtemps

  7. Super votre article comme d hab on a l impression d y être , surtout quand on y a été . Ca me rappelle des souvenirs. Vous avez bien fait de faire la basilique , je vous avait dis que c était magnifique !
    Et la tourista…… haaaaaa ca aussi ca reste un souvenir
    Gros bisous

  8. Ahhh que c a l’air bien sympa…
    Votre tour du monde me fait tourner la tête, mais je comprends plus bien le parcours… parce que je lis Abidjan aujourd’hui et vous parlez d’un voyage vers New York… et que Simone m’avait dit qu’elle avait déjà fait un « live » avec vous à Central Park… Va falloir que je me pose pour étudier la carte et prendre des vacances lol. La Bise, plein de bonheur et merci de votre partage

    1. Oui on a prit un peu de retard sur le blog! On était à Abidjan, puis New York, puis quebec et dans une semaine Pérou. Mais le prochain article sera sur New York (promis on essaye de rattraper notre retard mais c’est dur ).
      Bisous à tous

  9. Waouh magnifique… félicitations pour votre superbe montage, continuez de me faire rêver. Profitez pleinement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.