Les roux libres – Hong Kong/Taiwan/Macao

Les roux libres – Hong Kong/Taiwan/Macao

Avant de nous rendre sur l’île de Taïwan, une escale de quelques jours est prévue à Hong Kong. C’est un endroit un peu mythique pour nous occidentaux, dont on entend parler, où on effectue des correspondances entre deux avions, mais où l’on ne s’arrête pas forcément. Nous avions donc décidé de consacrer un peu de temps à sa visite.

Notre arrivée était donc prévue la veille de mon anniversaire. Etant donné que nous étions en pleine surveillance de budget, Pierre se chargea de réserver l’hôtel dans lequel nous allions passer ces trois/quatre jours, et il choisit une chambre située dans le quartier des backpackers, un énorme immeuble avec plusieurs établissements, mais proposant tous la même prestation qui correspond à peu de chose près à une chambre triple de neuf mètres carrés, un peu miteuse, avec salle de bain de deux mètres carrés. Enfin c’est ce qu’il m’a fait croire…

Nous arrivons à l’aéroport, nous prenons un taxi, et lorsque nous sommes proche de notre destination je me rends bien compte que le quartier est plutôt composé d’hôtel de grand standing. Le taxi s’arrête, la portière s’ouvre, deux personnes sont déjà en train de récupérer nos bagages dans le coffre, et je me retrouve devant un hôtel dont le lobby est gigantesque, composé de marbre et de verre, une hauteur sous plafond de dix mètres, vue sur la baie, et du personnel à ne plus savoir qu’en faire qui nous salue avec cérémonie lorsque nous traversons le hall pour aller à la réception. C’est en effet ma surprise d’anniversaire. Nous sommes à l’hôtel Marriott de Hong Kong !

Chambre au quinzième étage avec superbe vue, piscine extérieure chauffée, room service, le petit déjeuner le plus hallucinant que je n’ai jamais vu… Bref, on est dans un cinq étoiles !

Bien que nous nous trouvions dans un cadre extraordinaire, dans lequel nous aurions pu passer tout notre temps, nous irons tout de même visiter la ville. On ne pouvait décemment pas passer à côté de la balade le long de la baie, qui la nuit tombée offre un décor de carte postale que tout le monde a surement déjà vu, avec tous les bâtiments illuminés qui se reflètent dans l’eau. Nous nous y rendons donc en fin d’après-midi, et avant de contempler ce spectacle, nous aurons l’occasion d’observer les préparatifs du défilé prévu pour le nouvel an lunaire. Des décors sont en pleins montages, et des répétitions de danse se déroulaient un peu partout. Nous irons par la suite faire un petit tour en ville, notamment dans la rue du marché de nuit. Mais là rien d’exceptionnel, des marchandises de contrefaçon s’étalent sur les comptoirs des exposants tout le long de la rue. Nous y achèterons même des petits poneys pour l’anniversaire de Margaux, qui perdront leur chevelure en deux ou trois jours. C’est de la contrefaçon, et en plus de mauvaise qualité… Cela donnera lieu à une anecdote qui nous fera beaucoup rire, encore maintenant. Pour la petite histoire, nous lisons les livres de Harry Potter à Arthur depuis le début du voyage. Et lorsque nous étions sur le point d’acheter le cadeau d’anniversaire pour Margaux, et afin qu’elle ne comprenne pas, je dis à Arthur : « On va acheter le cadeau de « tu sais qui » » (dans le livre, le méchant se fait appeler « tu sais qui » pour ceux qui ne connaissent pas)! Arthur me regarde alors les yeux tout écarquillés, remplis de stupeur et d’incompréhension et me répond : « On va acheter un cadeau pour Voldemort ?!?!? ».

On a ri. Qu’est-ce qu’on a ri ! Je me retrouve d’ailleurs le sourire aux lèvres à l’écriture de ces quelques lignes.

Nous irons également nous promener sur les hauteurs de Hong Kong afin d’avoir une magnifique vue plongeante sur la totalité de la baie. Nous aurons une belle journée ensoleillée qui ne fera qu’embellir la balade.

J’aurai également droit à la deuxième partie de mon cadeau d’anniversaire, car mon chéri m’avait également réservé un soin de trois heures dans un des meilleurs Spa de la ville. Moi qui attendait avec impatience de me retrouver en asie du sud-est pour profiter des massages à pas chers, je n’ai pas eu à attendre si longtemps. Et en plus c’était divinement mieux !

Voilà, sinon nous avons beaucoup profité du confort de l’hôtel. En même temps ce n’est pas tous les jours que l’on peut se targuer d’être dans un si bel et si confortable établissement. Donc autant en profiter !

Trois jours plus tard, nous prenons donc l’avions pour Taipei, capitale de Taiwan, dans laquelle nous avions décidé d’assister aux festivités du nouvel an lunaire. Alors je dis bien lunaire, car à l’heure où je vous écris, nous nous sommes rendus compte qu’en France on dit le nouvel an chinois, mais qu’en réalité, ce nouvel an est également fêté dans plusieurs autres pays. En fait, tous ceux dont l’année s’écoule en fonction du calendrier lunaire.

Bref, nous louons un petit logement sur airbnb, pas cher, mais il n’y a rien pour cuisiner. Ce n’est pas grave nous mangerons dehors. Très peu de logements étaient disponibles dans la capitale à cette période, et nous n’aurons la possibilité de le louer que trois jours. Ce n’est pas grave, on trouvera autre chose si nécessaire. Notre quartier est plutôt sympa, avec des stands de street food, dans lesquels on peut se restaurer midi comme soir, et le concierge du bâtiment est adorable et n’arrête pas de nous conseiller les endroits où aller.

Bon, alors soyons clair.  Cette bonne idée de venir à Taiwan lors des festivités du nouvel an, s’est avérée un faux bon plan. En effet, c’est en réalité une fête familiale, qui dure environ cinq jours et qui pour certains commerçant représente leurs seuls et uniques jours de congé de l’année. Ainsi, dans les grandes villes, tout le monde part en campagne pour festoyer en famille, et environ quatre-vingts pour cent des commerces et restaurants sont fermés. De plus, aucun défilé du type de ce qui se préparait à Hong Kong n’était prévu où que ce soit. Autant vous dire que cela nous a un peu refroidi.

Après avoir beaucoup passé de temps sur internet, on a fini par trouver un plan qui était une petite compensation pour les enfants, surtout au vu de ce qu’on leur avait vendu en termes de défilés de dragons. Il fallait se rendre dans le hall de l’hôtel Hyatt, car dans un article daté de 2014, on avait lu qu’ils y faisaient un spectacle pour le nouvel an. Nous y sommes donc allés, et par chance c’était encore le cas. Nous aurons donc l’occasion d’observer ce spectacle, assez impressionnant il faut le souligner, du dragon faisant des figures sur des plots en hauteur, le tout dans une ambiance tonitruante de tambours et de cymbales, qui en fait siffler les oreilles lorsque cela s’arrête. Ce fut un moment très chouette, et nous pouvons dire que nous avons vu quelque chose lors du nouvel an !

Après ces trois jours, nous décidons de rester un peu plus longtemps à Taipei, pour visiter les alentours car il semble y avoir de belles choses à voir, mais aussi pour prévoir la suite du séjour. On réserve donc un hôtel, et on prend également conscience du deuxième effet « kiss cool » de cette période : les prix des transports et hôtels augmentent de façon astronomique. On finit donc par trouver un hébergement, très cher pour la prestation, mais on n’avait pas le choix.

Bref, nous décidons de prendre de la hauteur pour notre première visite, et nous montons donc en haut de la tour Taipei 101. Elle culmine à cinq cent huit mètres, est constituée de cent un étage (d’où le nom) et est le symbole de la réussite économique Taiwanaise. La vue d’en haut est à couper le souffle. Cet édifice est également une prouesse technologique car, construire une tour si haute sur un territoire sujet aux tremblements de terre et aux typhons, il fallait être un peu dingue ! Trois étages ont donc été consacrés à l’ancrage d’une boule de six cents tonnes qui se balance tel un pendule en cas de séisme, et rééquilibre le centre de gravité. La tour dispose également des ascenseurs les plus rapides du monde : 60 km/h ! On se croit dans un manège de fête foraine !

Nous redescendons sur le plancher des vaches, et nous réservons donc une excursion d’une journée dans les environs de Taipei, au programme visite de Jiufen, un charmant petit village dans les hauteurs, ayant inspiré Myazaki pour son dessin animé « Le voyage de Chihiro », où nous mangerons dans un restaurant local, connue de notre guide, et proposant des mets traditionnels excellents. Mais surtout, nous avons fait la visite de la ville de Pingxi réputée pour son festival des lanternes, où quinzes jour après le nouvel an, des milliers de lanternes s’envolent dans la nuit proposant le spectacle fabuleux d’un ciel paré de lanternes de toutes les couleurs. Notre grand regret fut qu’au vu de notre programme nous ne pouvions pas être présents le jour J, mais cette visite nous aura permis de confectionner notre propre lanterne, et de l’envoyer dans les airs avec tous nos vœux gravés dessus. Et si nous avons souhaité de la santé et de la prospérité à toute notre famille, Arthur fera le vœu d’avoir pleins de bonbons ! On n’a pas les mêmes priorités me direz-vous… En tout cas, ce fut un super moment de travaux manuels que petits et grands apprécieront beaucoup.

Nous avons également écumé les night market, qui sont très réputés à Taïwan. Tout le monde vient dans ces endroits pour se restaurer la nuit venue, mais aussi pour se divertir, car une multitude de stands que nous trouvons dans nos fêtes foraines y sont installés. Ce sont surtout des chamboule-tout, du tir à la carabine ou aux fléchettes, mais c’est très sympa et tout se fait dans une ambiance chaleureuse et souriante.

Car oui, je ne vous ai pas parlé de la gentillesse des taiwanais ! Ils sont tout simplement adorables, avec toujours des petites attentions pour les enfants, encore plus qu’au Japon. Déjà Arthur et Margaux ne passent pas inaperçus, mais dès l’instant qu’ils leur disaient « Xinnian kuàilè », qui signifie bonne année en chinois, les passants, commerçants, concierge d’hôtel et autres, tombaient littéralement sous le charme. Ils ont été couverts de bonbons et autres douceurs, et on leur a même donné des étrennes, spontanément, en pleine rue, ce qui est normalement une tradition du nouvel an, des anciens envers leurs enfants.

Mais au-delà de ça, il y avait toujours quelqu’un pour nous renseigner quand nous étions perdus ou que, arrivés dans un restaurant on ne comprenait rien au menu. Avec la bonne surprise dans ce pays,  étant qu’ils parlent plutôt bien anglais. C’est ainsi qu’un jour, l’air complètement dubitatif devant la carte d’un restaurant, non traduite, et sans image, Pierre s’est vu offrir de l’aide par une jeune femme qui s’était levé instantanément pour proposer son aide. Après deux ou trois minutes de discussion ayant dérivée sur notre visite du pays, celle-ci lui demande notre parcours à Taiwan, et finit par nous conseiller une destination peu connue et apparemment magnifique : Green island. C’était noté, elle l’avait bien vendu, et nous nous sommes dit que ce serait sympa d’y faire un tour. A cet instant-là, nous ne savions pas encore que ce serait peut-être notre plus belle étape du pays… Encore une fois, les rencontres fortuites peuvent parfois nous apporter de très belles surprises.

Après une semaine passée à Taipei, il était temps pour nous de partir à la découverte de la nature, car oui, Taiwan est constitué à soixante-dix pour cent de verdure. Nous réservons nos billets de train pour Tainan, une des grandes villes du sud de l’île, car nous avions prévu de louer une voiture pour vadrouiller tranquillement pendant un peu plus de quinze jours depuis cet endroit. Et tant qu’à faire on nous avait dit que cette ville était sympa, alors on décide de s’y attarder deux ou trois jours.

Comme on s’était pas mal fait allumer sur les prix des hôtels et des transports, notre budget en avait pris un coup, et malgré nos recherches on n’arrivait pas à trouver un logement peu cher avant de partir sur Tainan. C’est alors que nous avons eu l’idée de tester le couchsurfing, ce mode de voyage où l’on est accueillis gracieusement par des hôtes, on vit chez eux, et on échange sur tout plein de choses, notamment nos voyages, nos cultures. Alors si notre motivation première était financière, on s’est aussi dit que ça pourrait être sympa de découvrir la vie taiwanaise de l’intérieur.

C’est ainsi que Jane, une jeune fille d’une vingtaine d’année à répondue positivement à notre demande. Nous l’avons retrouvé à la sortie de la gare, et elle et son père nous ont conduits chez eux où nous avons rencontrés sa sœur, Jenni, et leur mère Pei-un. Une particularité des jeunes taiwanais, est qu’ils ont tous un prénom traditionnel, mais ils ont également un prénom occidental. Pour notre part, nous sommes restés sur Jane et Jenni, c’était bien plus facile à retenir !

Alors comment décrire notre séjour dans cette charmante petite famille ? En un mot, génial !

Ils nous ont accueilli à bras ouverts. Leur maison située dans le centre de la ville était composée de cinq étage, où différents membres de la famille vivaient à chacun d’entre eux, et ils nous avaient réservé un complet pour nous, qui était inoccupé. Le grand luxe. Une énorme pièce à vivre, une très grande chambre, une salle de bain, la totale quoi.

De plus c’était les vacances scolaires, et les filles ont donc pu se rendre disponible pour nous faire découvrir leur ville. Le temple de Confucius, une balade en barque dans une mangrove, les night market bien entendu, et des découvertes insolites telle que la plus petite rue de Tainan, dont la largeur n’est pas plus grande que celle de nos épaules. Et nous n’avons pas eu le droit de payer quoi que ce soit, elles nous ont complètement pris en charge. C’était un peu gênant d’ailleurs. Pour les remercier nous leur avons donc cuisiné un fondant au chocolat qui apparemment leur plut beaucoup. Il faut dire que nous avons constaté à travers les différents pays traversés, que le monde n’est pas très dessert. A croire que c’est une spécificité bien française. Ils n’en mangent pas beaucoup, mis à part des fruits, mais surtout ils n’en cuisinent pas du tout. Jane étant très attirée par le voyage, nous ferons donc une session visionnage des petits films que nous avions réalisés jusqu’à présent, en dégustant le gâteau. Ce fut un super moment de partage, et de découverte car nous avons beaucoup échangé sur nos cultures, et celles des pays traversés.

Nous avons donc passés trois jours fabuleux. Cette première expérience de couchsurfing restera à jamais gravée dans nos mémoires. Jane, Jenni, Pei-un, si vous lisez ces lignes, nous vous remercions encore du fond du cœur pour votre accueil. Et si vous êtes de passage en France, n’hésitez pas à nous envoyer un petit message, nous serions ravis de vous accueillir.

Après avoir récupéré notre voiture de location et quitté nos hôtes dans des aurevoirs chaleureux, nous nous dirigeons vers la pointe sud de l’île, dans la ville de Kenting. C’est un peu une station balnéaire, avec quelques jolies plages. Le bourg où nous avions loué une chambre d’hôtel était très sympa. Les habitants du coin avaient construit leur maison sur le style grec, celui qu’on peut voir sur Santorin, à savoir de petites maisons blanches avec des volets bleus. C’était charmant, et encore une fois les gérants de l’hôtel étaient adorables.

Nous irons faire quelques sessions sur la plage proche de notre logement. Ce qui était frappant, c’est que la culture « plage » n’est pas très ancrée chez les asiatiques. Nous étions quasiment seuls, et les autres personnes présentent à nos côtés ne se baignaient pas. Et si certains allaient à l’eau, ils le faisaient tout habillés ! C’est d’ailleurs quelque chose que nous retrouverons dans d’autres pays d’Asie. C’est assez surprenant.

Nous avions également choisi cette destination car nous avions repéré un grand parc national, et nous avions grandement besoin de nature. Nous n’avons pas été déçus. Une partie du parc national a été aménagée, et une très grande promenade, dans une végétation luxuriante, permet d’observer une faune et une flore peu commune sous nos latitudes occidentales. Ainsi, nous avons pu voir des singes, et de multiples insectes de toutes tailles et toutes couleurs. Les papillons sont également très présents, et d’innombrables variétés multicolores nous accompagnaient lors de notre promenade, voletant au-dessus de nos têtes, et se posant parfois à quelques centimètres de nous. Des grottes, une tour panoramique permettant d’apercevoir l’extrême pointe sud de l’île et des jeux de cache-cache, agrémentèrent cette excursion qui nous occupa pendant près de cinq heures.

Une fois n’est pas coutume, nous irons toujours nous restaurer le soir dans le night market du coin. Un peu moins fourni que ceux que nous avions déjà pu voir, mais on retrouvait toujours le même style de nourriture, avec une spéciale dédicace pour le bœuf cuit au chalumeau, spécialité taiwanaise que l’on retrouvait partout.

Kenting se situant à l’extrême sud, nous ne pouvions que remonter, et c’est ainsi que nous avions décidé d’arpenter la côte Est, la plus sauvage, et nous avions déterminé notre nouveau point de chute en la ville de Taitung. Alors cette ville n’a pas un grand intérêt mis à part son énorme parc où nous avons pu faire une journée de vélos dans un décor assez bucolique. En revanche, c’est de cette ville que partaient les bateaux pour Green Island. Vous vous souvenez, le conseil que nous avait donné la nana dans le restaurant ?

Nous avons trouvé une guest house hyper bon marché, et absolument géniale. Chambre spacieuses et modernes, des hôtes encore plus sympas que ceux que nous avions déjà rencontré, se pliant en quatre pour nous faire plaisir, ce qui était encore une fois un peu gênant.

Après avoir convenu avec eux de laisser nos gros sacs afin de n’être chargés que du minimum nécessaire pour partir sur Green Island, nous réservons les billets pour le bateau et le moment voulu nous partons pour le port. Nous avions lu beaucoup de chose sur cette traversée, qui ne dure qu’une heure, mais qui pouvait être très éprouvante. Et bien je vous jure que c’est un des pires moments de ma vie de voyageuse, en termes de transport.

La mer n’était pas si démontée que ça, il y avait une légère houle c’est tout, mais le speed boat ayant une vitesse assez élevée, ça tanguait énormément. D’avant en arrière et de gauche à droite. Un enfer ! Pour faire court, Margaux, Arthur, moi et la moitié des personnes à bords ont vomi… Pierre tenait le coup, mais bon il m’a confirmé qu’il ne fallait pas que le trajet dure beaucoup plus longtemps au risque d’y venir aussi…

Mais comme pour beaucoup d’endroits sur terre, les meilleurs lieux se méritent. Alors pour vous décrire cette minuscule île, c’est : de la nature, une route circulaire qui fait dix-sept kilomètres, une ville, un bourg à l’opposé de la ville, et des gens encore une fois adorables. Nous avons passé deux nuits sur l’île, et ce fut trop court. Mais nous avons pris un énorme bol de nature, avec de magnifiques falaises verdoyantes, les embruns dans les narines et personne aux alentours… Nous avions loué des scooters pour nous déplacer, et on ne croisait quasiment personne sur les routes. Peu de choses à faire donc, mis à part profiter de la nature, mais il y avait une activité unique au monde, ou presque. En effet, on peut trouver sur Green Island des sources d’eau chaude. Mais ces sources, sont des sources d’eau de mer. Il n’y en a que trois dans le monde, sur cette île, au Japon et en Sicile. Vous l’aurez surement compris, cela est dû à l’activité volcanique sous-marine.  Nous nous prélasserons donc un bon moment dans ces bains, qui en plus de la relaxation nous offrirent un paysage magnifique car ils étaient situés en plein air, et en bords de mer.

Nous ferons quelques promenades sur les plages de galets, à la recherche de coquillages pour les enfants, mais il était déjà le temps de repartir. Autant vous dire que j’appréhendais grandement le trajet retour, mais heureusement pour nous, nous avons eu une mer d’huile, permettant au bateau de glisser littéralement sur l’eau sans que cela ne bouge dans la cabine.

Nous retournons donc dans notre petite guest house, et nous sommes le 2 mars, jour des trois ans de notre petite Margaux. Nous avions prévenu notre hôte que nous souhaitions cuisiner un gâteau pour l’occasion, et que nous aurions besoin d’utiliser sa cuisine. Elle nous avait bien entendu répondu par l’affirmative, mais en rentrant, elle nous annonce que son conjoint voulait avoir une petite attention pour Margaux, et qu’il avait donc acheté un gâteau… Quand je vous dis qu’ils sont adorables ces taiwanais. Bref, de notre côté nous avions déjà acheté les ingrédients pour cuisiner donc il fallait s’y mettre. Pierre s’attela donc à la tâche, et nous nous retrouverons donc avec deux desserts pour le prix d’un, pour fêter l’heureux évènement. Alors si Margaux était ravie de pouvoir s’empiffrer d’une double part, il nous en resta beaucoup. Mais cela fit une heureuse, notre hôte étant ravie de goûter et de conserver le reste d’un vrai fondant au chocolat fait maison.

Nous continuons donc notre remontée sur la côte Est, notre prochaine étape étant Hualien, une des grandes villes de Taiwan, et qui est en quelque sorte le point de départ pour visiter le Parc national du Taroko.

Suite à notre superbe première expérience de couchsurfing, on décide de voir si quelqu’un peut nous héberger dans cette ville. C’est ainsi que Ru-sheng répondit favorablement à notre demande. On était donc super content à l’idée de partager le quotidien d’un autre taiwanais, et ce fut vraiment génial ! Le seul truc, c’est qu’il nous avait dit avoir une grande pièce pour dormir, et qu’il avait des matelas et un canapé pour nous. Cela promettait un confort spartiate, mais ça nous allait. C’est seulement en arrivant dans le lotissement qu’on s’aperçoit que c’était une résidence étudiante, que Ru-sheng partageait son logement avec trois autres personnes, et que nous dormions dans le salon/cuisine, sur des matelas qui n’était en fait que des paillasses ressemblant à ce qu’on emmène l’été à la plage. Mais ça nous a fait rire, on a dormi trois nuits quasiment à même le sol, mais nous avons encore une fois adoré.

Ru-sheng est étudiant en tourisme, il parle très bien anglais, et il est super curieux et avide de connaître de nouvelles cultures, dont la nôtre. C’est pour cette raison qu’il a réussi à convaincre ses colocataires d’accepter les couchsurfers qu’il invitait. Avec James, un pote à lui tout aussi sympa, ils prendront le temps de nous faire visiter différents endroits dans les environs. Le parc Taroko bien entendu, avec ses parois déformées par l’activité géologique sur lesquelles on peut observer les plis des différentes strates rocheuses, et ses eaux d’un bleu azur translucide, mais ils nous menèrent aussi dans divers endroits de la ville, où nous goûterons tout un tas de spécialité culinaires, notamment dans un très bon restaurant tenu par une tribu locale (il reste une quinzaine de tribus vivant dans un mode traditionnel à Taiwan), où le cadre et la nourriture furent absolument exquis.

Au-delà des lieux visités avec eux, ce sont les discussions que l’on a eu qui furent géniales. On n’a pas vu passer le temps que ce soit lorsqu’on était en voiture ou au restaurant, Ru-sheng et James sont des types toujours souriants, intéressés (dans le bon sens du terme) et intéressants. Ce fut vraiment encore une fois une très belle expérience. Ru-sheng, toi aussi si tu lis ces lignes, saches que si tu es de passage en France, tu es plus que le bienvenu chez nous.

Il est temps pour nous de quitter Hualien et de traverser l’île d’Est en Ouest afin d’aller voir le festival annuel de lanternes, qui se déroule chaque année dans une nouvelle ville. Cette année ce sera à Tai Bao. Pour effectuer les deux cent cinquante kilomètres, google map nous annonce six heures… On se dit donc que l’on va couper le trajet, et nous décidons de nous arrêter trois jours au « Sun Moon lake ». Nous traversons donc toute la vallée du parc national de Taroko, qui même en voiture est absolument magnifique, et au bout de deux heures de trajet nous faisons un arrêt pipi en bords de route. On sort de la voiture et là on s’aperçoit qu’il fait froid tout d’un coup. On avait vu que la route montait mais on ne s’était pas rendu compte que l’on avait pris autant d’altitude. En effet, en mettant en route son application d’altimètre, Pierre me dit que nous sommes à deux mille deux cents mètres ! Mais nous n’étions pas au bout de nos surprise, le centre de Taiwan culmine en fait à près de trois mille cinq cents mètres. Et à cette hauteur nous avons pu admirer le fabuleux spectacle de la vallée que nous venions de traverser, remplie de nuages, nous, bien au-dessus avec un magnifique soleil qui nous réchauffait le corps.

Nous mettrons environ quatre heures et demi pour rallier le Sun Moon Lake. Malheureusement, arrivés sur place la météo ne sera pas de notre côté et nous aurons nuages, pluie et brouillard. Le lendemain nous irons tout de même faire un tour de bateau sur le lac, mais le brouillard nous empêchera d’admirer quoi que ce soit. En revanche, nous nous rendrons dans un drôle d’endroit, le « Formosal Aboriginal Culture Village ». C’est un énorme parc dédié à la vie des tribus taiwanaises. Des villages sont reconstitués, il y a des spectacles de danses traditionnelle, on peut également observer leurs anciennes manières de travailler, tous les us et coutumes de ces tribus en somme. Petit bonus, ils ont planté dans une plaine, des centaines de Sakuras, les cerisiers japonais. Et à défaut de les avoir vus en fleurs au japon, nous auront pu les admirer ici, à Taiwan. C’est absolument magnifique !

Et qu’est ce qui est drôle dans ce parc me direz-vous ? Et bien c’est qu’au bout de la promenade il y a un parc d’attraction. Avec des manèges à sensations fortes, et d’autres plus adaptés aux enfants en bas âge. Et c’est d’ailleurs peu courant, mais ils installent ça dans de grands hangars. A mon avis il doit pleuvoir assez souvent à cet endroit, mais pour le coup, nous aurons un temps plutôt clément. Ce qui est sûr c’est que les enfants se sont éclatés, et nous aussi !

Nous irons voir également un des monuments phares du coin, la pagode « Ci en ». Ce matin-là, il y avait un brouillard à couper au couteau. Nous décidons tout de même d’y aller. Nous étions les seuls touristes bien entendu, mais ce fut un moment à part. Cette brume épaisse donnait un côté mystique au lieu, et le silence total qui régnait en haut de la colline pouvait donner quelques frissons. Les enfants qui d’habitudes courent partout, sont bizarrement restés collés à nos basques !

Nous prenons donc la route pour notre prochain objectif, le festival de lanternes de Tai Bao. Nous avions encore une fois trouvé un logement via couchsurfing, dans la grande ville située juste à côté, Chiayi. Nous serons hébergés par un jeune homme très sympa, mais beaucoup plus timide que nos précédents hôtes. Son petit truc en plus, était qu’il connaissait pleins de tours de magie et cela en a bluffé plus d’un, petit comme grand. Il était en pleine révisions d’examens et n’avait donc pas beaucoup de temps à nous consacrer, mais il est parti chaque matin en nous laissant un petit mot avec les différents endroits que nous pouvions visiter. Ce qui était un peu cocasse, c’est que chez lui nous dormions dans la même chambre que lui, sur le matelas posé par terre juste à côté du sien, alors qu’il vivait dans une grande maison avec des pièces inoccupées. On a trouvé ça un peu bizarre mais bon, ça l’a fait.

Nous sommes donc allés admirer le festival de lanternes, qui est assez hallucinant. Alors ce ne sont pas des « sky lantern », celles que l’on envoie dans le ciel comme à Pingxi, mais ce sont plutôt des sculptures de toiles et de tiges métalliques, transparentes, éclairées par des ampoules et dont la taille peut aller de cinquante centimètres à dix mètres. L’exposition se tenait sur une surface gigantesque, difficilement identifiable à taille humaine, mais je dirais que cela faisait à peu près l’équivalent de dix terrains de foot. Peut-être même plus ! La pièce maîtresse de cette exposition étant une sculpture représentant un petit garçon avec son chien, année du chien oblige, de vingt ou trente mètres de haut, qui toutes les heures tournait sur elle-même pour que toute la foule puisse la voir. Ils balançaient en même temps une musique assourdissante et faisaient clignoter la structure avec des lumières multicolores. C’était bien à regarder, mais de loin ! il y avait pleins d’endroits où les enfants pouvaient être pris en photo, on pouvait passer dans des tunnels de lumière, et au gré de nos pas, on passait d’un thème à un autre. C’était vraiment chouette.

Il était l’heure pour nous de repartir sur Tainan pour rendre notre voiture de location. Nous comptions y passer encore deux jours, et revenir à Taipei la veille de notre vol pour Macao. Mais finalement, on s’est dit qu’on aurait plus de choses à faire ou à voir sur Taipei. On a donc rendu la voiture, on a filé à la gare pour prendre un billet de train pour Taipei, et nous voilà en route pour la capitale.

Après de multiples demandes envoyées sur couchsurfing lorsque nous étions dans le train, on arrive à destination sans aucune réponse et donc sans savoir où on va dormir. On se résigne alors à regarder les hôtels, et on choisit le moins cher. Coup de chance, il se trouvait à cinq cents mètres. Nous passerons donc encore trois nuits à Taipei. Nous ne ferons pas grand-chose finalement, nous étions en standby, attendant notre prochain vol.

Et c’est ainsi que nous nous dirigeons vers Macao, le Las Vegas de l’Asie, réputé pour ses nombreux casinos. Sur les conseils avisés d’Anne et Arnaud, nos « huggy les bons tuyaux du tour du monde »  ils nous avaient conseiller de regarder les hôtel cinq étoiles car ils n’étaient pas cher. Après recherche rapide, on réserve dans l’établissement où eux même avaient séjournés quelques mois auparavant.

Ce devait être une chambre avec deux lits doubles, mais en arrivant, la réceptionniste nous annonce que nous avons été surclassés. Nous n’avons qu’un lit king size nous dit-elle, ce qui n’est pas un problème car on sait qu’on tient largement à quatre dans ce genre de couchage, mais nous avons en plus un living room. En gros, nous allons séjourner cinq jours dans une suite.

Franchement, en termes de confort on était au top. Un coin nuit, plus un coin salon. Que demander de plus. C’était spacieux, au seizième et avant dernier étage de l’hôtel, ce qui nous procurait une superbe vue du balcon, et en ce qui concerne les équipements, il y avait une magnifique piscine arborée, avec un tobogan pour les enfants. Mais il y avait également une salle de jeux pour les enfants, une salle de sport, un spa, la totale quoi. Le confort était tel que nous ne sommes quasiment pas sortis de l’hôtel. Même les repas nous les commandions au room service et les dégustions dans notre salon, midi et soir.

Nous sommes toutefois allés visiter le centre-ville, réputé pour son architecture européenne. En effet, Macao étant une ancienne colonie portugaise, l’empreinte architecturale a été conservée de très belle manière, laissant de grandes bâtisses colorées ornées de colonnes, qui font complètement oublier que l’on est en Asie. Et autre fait amusant, c’est que beaucoup de magasins vendaient des « Pastéis de nata », ces petits flans typiquement portugais que l’on peut trouver par chez nous. Mais bon, aucune comparaison avec ce qu’on avait déjà pu goûter.

Et les casinos me direz-vous ? Et bien Pierre est allé voir ça de plus près un jour. En tout il a joué vingt euros, et est revenu avec quarante. Il vous racontera l’histoire mieux que moi, mais il a joué un seul numéro à la roulette, et ce numéro est sorti. Pour l’équivalent de dix centimes misés, il a gagné près de cinquante euros d’un coup. Je vous laisse imaginé s’il avait joué dix euros…

Voilà je pense que nous avons tout dit sur cette escapade de cinq semaines dans les territoires chinois autonomes.

Alors quel est le bilan de ces étapes ?

Hong Kong, c’était sympa, sans plus. Nous ne sommes pas restés longtemps, mais nous n’avons pas forcément accroché avec la ville lorsque nous nous y sommes promenés. Beaucoup de monde et de sollicitation, et un mélange de modernité qui tranchait avec des quartiers délabrés. On est venu, on a vu, mais cela ne nous a pas convaincu.

Macao, très joli centre-ville et…en fait on n’a pas vu grand-chose. Honnêtement, les gens qui viennent ici c’est pour jouer au Casino, et après ça, de toute façon, il n’y a pas grand-chose à voir. La bonne surprise c’est qu’une nuit dans un cinq étoiles, vaut le même prix qu’un hôtel basique de Taipei.

Venons-en à Taiwan justement. Et bien c’est une très belle surprise de ce tour du monde. Nous avons beaucoup aimé. La gentillesse des gens est tout simplement extraordinaire. Ils remportent le trophée toutes catégories, et haut la main, du sourire, du coup de main gratuit, ou de la petite discussion désintéressée au coin de la rue. Franchement ils sont A-DO-RA-BLES ! Et en plus de ça, l’île est très jolie, et recèle de jolis trésors naturels qui méritent vraiment le détour. Un autre détail dont je n’ai pas parlé dans notre récit, c’est qu’il n’y a pour ainsi dire aucun touriste occidental. Et c’est bête mais ça fait du bien. On ne se sent pas dans une espèce de machine à fric, prête à vider les poches des riches touristes. Nous recommandons cette destination les yeux fermés, à qui voudrait un territoire un peu hors du commun.

Prochaine étape, le Vietnam. Ce sera pour nous le début d’un périple de cinq mois en Asie du sud-Est. On a hâte !

3 réactions au sujet de « Les roux libres – Hong Kong/Taiwan/Macao »

  1. Moi qui n’aurait jamais eu l’idée de visiter Taïwan vous m’avez convaincue!!
    Sinon merci à Arthur pour le fou rire! J’ai lu l’anecdote de « tu sais qui » a Yoann et ça nous a bien fait rire!!
    On vous embrasse!!

  2. Taiwan, voilà un pays dont je ne connaissais rien, à part l’aspect historique d’après guerre. Vous avez été conquis et nous aussi. C’est toujours émouvant de voir Arthur et Margaux évoluer avec tant d’aisance dans tout cet environnement si différent du nôtre.
    Nous vous embrassons tous.
    Marie-Claire et Michel

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